- La Provence rappelle les propos d’Aix en Live appelant les politiques à apporter des réponses à la hauteur des attente légitimes de la jeunesse dans une ville où les moins de 40 ans sont majoritaires".
Fait que semble d’ailleurs royalement ignorer La Provence, puisque son point de vue affirme que les jeunes c’est 25% de la population : les étudiants, que ceux-ci ne votent pas sur Aix et encore moins en juillet.
Voilà un point de vue particulièrement révélateur à la fois de l’ignorance de la rédaction de la réalité sociologique d’Aix (étonnant), comme d’idées reçues...
Téléchargez l’article de La Provence (04/07/09) et la réponse complète d’Aix en Live en cliquant sur l’icône ci-dessous. Ou lisez ladite réponse ci-après.
Texte intégral réponse AIX EN LIVE à LA PROVENCE-Aix.
Monsieur ou Madame le rédacteur en chef de La Provence Aix,
Permettez nous d’apporter la réponse suivante à l’article paru dans La Provence - édition du 04 juillet 2009 et intitulé « Plus vite que la musique ? ».
Tout d’abord pour vous remercier de faire écho dans vos colonnes de nos préoccupations. Mais aussi, au vu de vos arguments apporter un certain nombre de précisions.
Notre point de départ est que la majorité des habitants d’Aix a moins de 40 ans et que malgré ce fait les politiques aixoises en direction de la jeunesse sont largement insuffisantes - notamment dans le domaine des expressions culturelles de ces populations et des lieux de
diffusion pour les musiques actuelles. Vous affirmez en retour que les étudiants représentent 25% de la population aixoise mais !pour la plupart sans doute) ne votent pas sur Aix et surtout pas en juillet.
Vous semblez ainsi réduire la population jeune à cette portion de la population et sous-entendre que nous exagérons l’importance de celle-ci dans la population globale.
Permettez-nous tout d’abord de vous renvoyer aux études démographiques. Par exemple les
éléments que vous pouvez consulter ici : INSEE - démographie Aix en Provence. Ces sources relèvent dans la population aixoise une proportion de 21% pour les 0-19 ans , de 35,3% pour 20-39 ans. La majorité des aixois (56,3%) a donc moins de 40 ans et il s’agit bien de
personnes domiciliées à Aix - donc susceptibles d’y voter. Cela ne comprend pas les étudiants
non-domiciliés à Aix qu’il faudrait ajouter à cette proportion, pour constater comme tous les
observateurs, qu’Aix en Provence est bien l’une des villes les plus jeunes de France.
Par contre le contenu de votre article est tout à fait révélateur d’un état d’esprit communément répandu sinon dominant ici : les jeunes sont les étudiants (donc venus d’ailleurs) et ne votent pas sur Aix. CQFD ne les considérons pas de la même manière que d’autres publics qui savent traduire leurs besoins dans les urnes. Et bien, ceci est l’une des (tristes) considération qui a amené d’Aix en Live à porter le débat sur la place publique et à interpeller, à la fois les responsables politiques ou les divers “leaders d’opinion“ (dont vous faites sans aucun doute partie) et à parallèlement, à appeler les jeunes à se mobiliser pour faire entendre leur voix (dans tous les sens du terme).
Car, ne trouvez vous pas vous même désolant pour une démocratie, d’oublier (ou de minorer) ainsi la qualité de “citoyen“ des générations montantes qui en constituent l’avenir ?
Ne pensez vous pas que l’échelon local est bien le premier pertinent, pour d’une part reconnaître et sinon former et accompagner la jeunesse vers ses responsabilités et devoirs de citoyen ? Du moins au delà des déclarations de principes.
N’avez-vous pas peur vous même, en tant qu’adulte certainement, parent peut-être et sans aucun doute citoyen responsable, de voir ainsi se déliter doucement à la fois le lien social et le sentiment d’appartenance à une collectivité de culture, de nature et de destin ?
Car nous oui et bien malheureusement.
D’autant que nous constatons tous les jours - même quand les apparences semblent suggérer le contraire - à quel point la jeunesse a besoin de tels repères, d’une telle solidarité active des générations “au pouvoir“. Comme de se voir reconnaître par tous , à la fois des expressions particulières et son appartenance à une collectivité porteuse d’avenir (donc à définir et construire ensemble).
Quand à revenir à la fois au territoire et aux thématiques qui sont les nôtres, ne trouvez-vous pas qu’il serait judicieux de considérer également chaque membre de notre communauté ?
Ne faut-il pas prendre en compte les attentes d’une population aussi nombreuse, diverse et aussi fragile car en maturation, en désir de comprendre, de s’exprimer, de trouver des réponses, et avancer. Et ceci sans considération pour son unique qualité d’électeur potentiel ?
De plus, comment expliquez vous que dans une ville et un territoire comme Aix en Provence, nous ne recensions aujourd’hui aucun lieu de diffusion, de rencontre et de vie digne pour les expressions culturelles d’une population majoritaire ? Alors même que par ailleurs, nous avons su concentrer des moyens publics très importants pour d’autres secteurs sans doute plus institutionnalisés des cultures ?
Oserions nous vous rappeler que Cézanne n’a vendu aucune toile ici de son vivant, que lui même comme Picasso, Van Gogh, Darius Milhaud et tous les artistes qui sont aujourd’hui notre patrimoine culturel ont constitué le plus fort de leurs œuvre dans leur jeune âge ? Et qu’aucun alors n’a été reconnu par les institutions et les académies en place ?
Et donc - ici - où allons nous permettre aux artistes influents de demain de s’exprimer dignement ? Comment parler alors d’ambition culturelle partagée ?
Pour conclure avec ce qui est, peut-être le plus important au quotidien.
Ne trouvez-vous pas essentiel qu’une ville, c’est à dire prosaïquement, une communauté d’êtres vivant au même endroit, développe un tissu actif de lieux de vie, d’expression et de rencontres ouvert à tous et à chacun - ce quel que soit son origine, son milieu socioculturel ou son mode d’expression privilégié ?
Car pour notre part, aucune communauté virtuelle, ni aucune société, n’a de vie ni d’avenir en dehors du lien physique, charnel, intellectuel, bref concret et quotidien que tisse entre-eux ses membres.
Et c’est bien là l’intérêt de la politique au sens vrai du terme, que d’incarner cela. Comme c’est la légitimité des Institutions Publiques que d’y veiller au quotidien et de le favoriser au travers de politiques de terrain. A moins d’affichage culturel et de consommation béate.
Ainsi vous comprendrez sans doute que nous ne sommes ici aucunement motivé par notre seul nombril et, c’est peu de le dire, qu’au vu de sa situation concrète, le terrain pour lequel nous nous battons ici ne s’avance en aucune manière plus vite que la musique. Au plaisir de vous lire, sinon de voir nos arguments reflétés dans vos colonnes, voire d’en discuter plus précisément avec vous. Et dans l’attente, recevez l’expression de nos sentiment les meilleurs, citoyens, républicains, musicaux et spectaculaires.
Fédération Aix en Live
A ce jour aucune réponse du rédacteur chef du journal.